Plagiat : comment n’y pas succomber (même si on y a un peu trempé)

Un extrait d’un article intéressant publié sur le site de l’ANECS en 2016, qui démontre à quel point la « recopie » d’éléments entiers pris dans une documentation doit être signalée au relecteur/correcteur pour qu’il la retraite :

La présence de passages plagiés dans un mémoire d’expertise comptable se détecte soit de manière « directe », soit de manière « indirecte ».

La détection directe résulte tout simplement du « passage » du mémoire au logiciel anti-plagiat. Ce passage n’est pas systématique dans la mesure où tous les correcteurs n’ont pas libre accès à un logiciel anti-plagiat et que l’opération demande un petit temps de traitement. Le contrôle est donc aléatoire. Il faut savoir néanmoins que les logiciels sont en règle générale très performants dans la mesure où ils fournissent un taux de plagiat global qui est ensuite affiné par subdivision du document. Mais à chaque fois que le logiciel soupçonne un emprunt extérieur, il précise dans son rapport la source probablement visitée et empruntée. Il reste au correcteur à aller consulter la source concernée et à constater l’emprunt, quitte à présenter les documents au candidat le jour de la soutenance.

La détection indirecte est en réalité une procédure en deux temps.  Il ne s’agit pas cette fois de soumettre le mémoire au filtre d’un logiciel anti plagiat mais simplement de constater dans un premier temps, à la lecture du mémoire, certains indices qui laissent à penser que certains passages ne sont pas écrits par le candidat. Sans prétendre à l’exhaustivité, on peut citer par exemple la rupture dans le style. Chacun a son propre style de rédaction, avec une certaine manière de construire les phrases. Or, sur certains passages repris, le lecteur va constater, par exemple, que la tournure des phrases, leur longueur ou leur construction n’est plus la même. De même, le lecteur va constater que le champ lexical utilisé est différent, que la grammaire est soudain maîtrisée ou encore que la densité des fautes d’orthographe s’amoindrit brutalement. Autant d’éléments qui vont attirer l’attention du lecteur et l’inciter à procéder à des investigations plus avancées sur le caractère original de ce qui est écrit. Enfin, la détection peut résulter d’un quasi-aveu de la part du candidat lors de la soutenance. Mis en difficulté sur une question, le candidat indique pour sa défense que la position adoptée dans le mémoire sur tel ou tel point est extraite directement d’internet ou d’un article, qui ne sont pas cités… Enfin, n’oublions pas que les membres des commissions d’examen sont assez souvent des personnes qui sont spécialistes du domaine sur lequel le candidat a choisi de rédiger son mémoire. Cette spécialisation fait que les examinateurs sont assez naturellement portés à lire ce qui s’écrit ou se publie régulièrement sur le domaine. Certains auteurs n’éprouveront donc aucune difficulté à reconnaître les écrits de confrères ou de collègues, quand ce ne sont pas leurs propres écrits !

Quelles mesures de prévention ?

Les mesures de prévention doivent porter sur le fond et sur la forme.

Sur le fond, et comme cela a déjà été précisé, il ne faut pas considérer que tout ce qui est mis en ligne est présumé exact et de qualité. Le futur professionnel doit savoir conserver un regard critique sur l’information publiée qui peut être incomplète, inexacte ou périmée.

Sur la forme, il faut respecter les règles du jeu et attribuer loyalement à leur auteur les passages qui leur sont empruntés et cela même s’il s’agit d’un extrait d’une circulaire ou d’une instruction administrative. Dans le corps du mémoire, il y a donc lieu de procéder aux renvois en notes de bas de page, à chaque fois que cela est nécessaire en citant les références conformément aux prescriptions qui sont données dans la note du jury aux candidats. En particulier sur les sites internet, il faut citer l’adresse de la page et la date de la dernière consultation. En fin de mémoire, la bibliographie, elle aussi présentée de manière structurée et conformément aux instructions données dans la note du jury, doit permettre de lister les sources à partir desquelles le mémoire a été rédigé.  

 Les règles de déontologie applicables au professionnel appellent de sa part un comportement irréprochable. C’est le même comportement qui est attendu des candidats qui soutiennent leur mémoire d’expertise comptable.

Pour en lire plus : « mémoire d’expertise comptable : vous avez dit plagiat ? »

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